PMA : pour Mgr Lebrun, « l’enfant est un don, et non un droit » | La Croix

En premier lieu, le chrétien sait que l’enfant est un don, et non un droit. Il sait qu’il n’est pas créateur mais seulement pro-créateur !

Delphine Allaire, le 13/07/2017 à 16h58

Mis à jour le 13/07/2017 à 19h42

Le 15 juin 2017, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu un avis favorable à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules.

Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, a réagi, fustigeant le « droit à l’enfant » et encourageant les catholiques à ne pas céder à « la seule science qui peut tout faire ».

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Mgr Dominique Lebrun lors d’une conférence de presse le 2 octobre 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray (76), France. / Michael Bunel / CIRIC

Dans une lettre datée du 5 juillet, Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, fait part de ses réflexions sur les enjeux éthiques de l’ouverture de la PMA aux familles homoparentales et monoparentales, rappelant qu’il n’existe pas de « droit absolu à l’enfant ».

Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, réagit au récent avis du Comité consultatif national d’éthique sur l’assistance médicale à la procréation (AMP), l’avis n° 126 du 15 juillet 2017 sur les demandes sociétales de recours à l’assistance médicale à la procréation, dont il souligne qu’il est contraire à l’avis n° 90 du 24 novembre 2005 intitulé « Accès aux origines, anonymat et secret de la filiation ». Il s’adresse aux catholiques du diocèse de Rouen. Il leur rappelle que devant Dieu, il n’y a pas un droit absolu à l’enfant mais le droit de l’enfant à être accueilli inconditionnellement depuis sa conception. S’appuyant sur l’argumentaire du comité d’éthique qui prend acte des « disjonctions » dans la venue au monde d’un enfant, il invite les chrétiens à ne pas céder à la seule science qui peut tout faire ou presque. Il indique que les catholiques ne peuvent pas utiliser l’AMP qui sépare ce qui est uni dans le dessein de Dieu : l’acte conjugal et la procréation. Il souhaite que ce chemin – qui demeure ardu – soit accueilli humblement. Il interroge les communautés de son diocèse, entre autres, sur leur accueil des enfants et sur celle des personnes tentées par l’AMP. (Premières réflexions adressées aux catholiques du diocèse de Rouen)


La « disjonction » de la procréation

Il dénonce en premier lieu les « disjonctions » actées par les techniques de PMA. Ces dernières séparent en effet les différentes étapes entre procréation et filiation – origine, sexualité, procréation, gestation, naissance et filiation –, isolant de fait la procréation en tant que telle.

LIRE LE TEXTE COMPLET DE MGR LEBRUNEn réaction au dernier avis du Comité d’éthique sur l’AMP, Mgr Lebrun dénonce le « droit absolu à l’enfant » et prône le droit de l’enfant à être accueilli

S’appuyant sur l’argumentaire du comité d’éthique qui prend acte de ces « disjonctions » dans la venue au monde d’un enfant, Mgr Lebrun rappelle que les catholiques ne peuvent pas utiliser la PMA car elle sépare « ce qui est uni dans le dessein de Dieu », à savoir acte conjugal et procréation.

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La nouveauté dans l’avis du Comité d’éthique réside dans la finalité « sociétale »de la PMA par fécondation in vitro ou don de sperme. En d’autres termes, cette technique est utilisée à d’autres fins que celle du traitement de l’infertilité liée à une pathologie. Cette finalité sociétale répond aux « évolutions des structures familiales qui ont suscité de nouvelles demandes », estime le CCNE. Un argument qui provoque l’étonnement de l’archevêque de Rouen, qui note l’absence de mention dans le rapport des éthiciens des raisons qui l’avait pourtant poussé à émettre un avis défavorable sur cette même question de la PMA, douze ans plus tôt, en 2005.

La tentation de « l’homme fait Dieu »

« Le droit à l’enfant par tous les moyens » se trouve ainsi consacré par le CCNE, selon Mgr Lebrun. En considérant que l’ouverture de la PMA à des personnes sans stérilité pathologique peut se concevoir pour « pallier une souffrance induite par une infécondité résultant d’orientations personnelles »,« l’homme se fait Dieu, du moins le tente-t-il », regrette l’archevêque. Tout un raisonnement jugé déplacé par l’archevêque qui rappelle que l’homme n’est que « pro-créateur » et non « créateur ».

L’enfant « sera toujours le bienvenu »

« L’enfant est un don, et non un droit », affirme-il, ajoutant néanmoins que les personnes décidant de mettre en œuvre une PMA « ne seront jamais jugées » et que l’enfant « sera toujours le bienvenu »

En premier lieu, le chrétien sait que l’enfant est un don, et non un droit. Il sait qu’il n’est pas créateur mais seulement pro-créateur ! Il admire l’humilité de Dieu qui fait dépendre une vie de l’action humaine. Il le respecte, il combat en lui toutes les tentations de se faire Dieu, en mettant la main sur l’homme, à commencer par l’enfant qui serait le fruit de son seul désir, donc un droit. Il rend à Dieu sa place de Créateur, Lui qui l’a créé homme et femme. Et cela est bon, très bon, dit la Parole divine. (Premières réflexions adressées aux catholiques du diocèse de Rouen)

Outre la simple ouverture, le CCNE recommande d’aller plus loin, selon l’archevêque qui s’inquiète des futures « campagnes énergiques » menées dans le but d’augmenter les dons de sperme, pour permettre les PMA. « Il faudra s’attendre à un matraquage », juge-t-il.

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Delphine Allaire

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L’ouverture de l’assistance médicale à la procréation (AMP) à l’homoparentalité et aux personnes seules ?
Premières réflexions adressées
aux catholiques du diocèse de Rouen

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