« Tout mais pas ça », chacun cherche sa voie | La Croix

L’Italien Edoardo Falcone traite sur le mode de la comédie, enlevée mais inégale, l’effondrement des certitudes d’un chirurgien dont le fils veut devenir prêtre.

Bruno Bouvet, le 28/11/2017 à 17h37

Tout mais pas ça ! ** d’Edoardo Falcone Film italien, 1 h 27

Enlevée, drôle, incisive, caustique et à la fois pleine de charme. La première demi-heure de Tout mais pas ça ! emporte l’adhésion du spectateur comme les plus belles comédies à l’italienne des années 1970.

C’est précisément dans cette veine, avec musique entraînante et dialogues ciselés, que se situe le réalisateur, Edoardo Falcone, et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi les cinéphiles transalpins ont accordé leurs suffrages (700 000 spectateurs) au premier film de cet ancien scénariste.

Le tsunami familial que provoque l’annonce par Andrea, un sémillant étudiant en médecine, de son souhait de devenir prêtre, est assez irrésistible. Panique à bord : chacun voit ses certitudes chamboulées, et les rôles trop bien établis se recomposent…

Une réflexion sur la vocation

Toutefois, une très longue séquence, fondée sur un quiproquo balourd et étiré jusqu’à la corde fait craindre que Tout mais pas ça ! ne tienne pas ses promesses et vire à la pantalonnade. Il n’en est rien et le film se ressaisit pour développer, non sans finesse, une jolie variation sur le thème de la vocation, au sens large.

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De quoi remplit-on son existence ? Quel sens lui donne-t-on ? Tommaso, visage fermé et amabilité de cerbère, s’est-il jamais posé la question ? Ce brillant chirurgien connaît tout de la cardiologie mais n’écoute guère son cœur. Pas davantage ceux des autres.

Il a, depuis longtemps, réduit Carla sa femme (touchante Laura Morante) au rôle de (joli) accessoire. Il méprise Bianca, sa fille, qu’il n’a jamais pris le temps d’écouter et mène au pas de charge son équipe médicale, sans aucun égard pour leurs états d’âme.

Un apprivoisement réciproque

Quant à Andrea, son fils, pourquoi choisirait-il une autre voie que celle de marcher sur ses traces ? La seule différence à laquelle pourrait consentir Tommaso est d’ordre privé : quand Andrea réunit toute la famille pour faire « la » grande annonce, le médecin est persuadé qu’il va apprendre que son fils est homosexuel.

S’il a choisi le sacerdoce, ce ne peut être que sous l’influence malfaisante d’un prêtre, Don Pietro, dont il va s’évertuer, lui, le savant aux conceptions rigoureusement laïques, à révéler le vrai visage. Le duel entre l’athée et l’homme de Dieu offre des scènes inégales, desservies par des gags un peu appuyés.

Il touche juste, en revanche, quand il laisse la place à l’apprivoisement réciproque et à l’éclosion de la sensibilité du rude Tommaso.

Bruno Bouvet

Sorgente: « Tout mais pas ça », chacun cherche sa voie – La Croix


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