Un luthérien spécialiste de l’œcuménisme reçoit le prix Ratzinger | La Croix

Figure éminente de l’œcuménisme, le théologien luthérien Theodor Dieter est lauréat du prix Ratzinger 2017, qui lui sera remis samedi 18 novembre.

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Udienza alla Fondazione Vaticana “Joseph Ratzinger-Benedetto XVI”

Marie Malzac , le 16/11/2017 à 13h53
Mis à jour le 16/11/2017 à 18h45

Si les commémorations du cinquième centenaire de la Réforme, tout au long de l’année 2017, se sont déroulées sous le signe de l’œcuménisme, c’est aussi grâce à lui. Theodor Dieter, pasteur luthérien de 66 ans, est l’un des plus grands spécialistes de Martin Luther de sa génération, et une figure de premier plan dans le dialogue entre protestants et catholiques. Demain, il recevra à Rome des mains du pape François le prestigieux Prix Ratzinger, qualifié par certains de « Nobel de la théologie », aux côtés de deux autres lauréats : le prêtre catholique allemand Karl-Heinz Menke et le musicien orthodoxe estonien Arvo Pärt.

Ce n’est pas la première fois qu’un non catholique est récompensé, puisqu’un anglican avait reçu ce prix en 2013 et un orthodoxe en 2016. Cette reconnaissance suprême vient couronner un parcours œcuménique particulièrement riche, puisque Theodor Dieter, directeur de l’Institut pour la recherche œcuménique de Strasbourg depuis 1997, a participé à l’élaboration de tous les grands textes communs entre protestants et catholiques depuis une vingtaine d’années.

Invité à Rome pour intervenir sur le dialogue entre catholiques et luthériens

Une de ses contributions les plus remarquables reste son travail dans la rédaction de la Déclaration conjointe luthéro-catholique sur la doctrine de la justification (1999), un document qui a marqué un tournant dans les relations œcuméniques et demeure aujourd’hui une référence majeure. Ce texte, fruit de longues années de travail, mettait fin à la controverse théologique qui avait entraîné le mouvement de la Réforme au XVIe siècle.

À lire : Theodor Dieter, Karl-Heinz Menke, Arvo Pärt, prix Ratzinger 2017

Par la suite, Theodor Dieter, marié et père de trois enfants, a également participé à l’écriture du texte « Du conflit à la communion », publié en 2013 en vue des 500 ans de la Réforme, après cinq années de travail. Enfin, et il n’en est pas peu fier, le théologien a préparé, avec d’autres, la liturgie de la prière œcuménique, présidée conjointement à Lund (Suède) par le pape François et celui qui était alors le président de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), l’évêque Munib Younan, pour le lancement des commémorations jubilaires, le 31 octobre 2016.

En 2012, Theodor Dieter avait déjà été invité à Rome pour intervenir sur le dialogue entre catholiques et luthériens lors de la Ratzinger-Schülerkreis, qui rassemble chaque été les anciens étudiants de Benoît XVI.

L’étude « n’est pas une fin en soi »

Né en 1951 au sud de l’Allemagne, il a d’abord étudié la théologie et la philosophie à Heidelberg et à Tübingen. Ce pasteur a également travaillé au rapprochement des luthériens avec d’autres Églises chrétiennes, notamment avec les mennonites et les anabaptistes, longtemps persécutés. « En 2010, la FLM a confessé ses péchés du passé », se souvient avec émotion celui qui a participé au travail en amont de cette « réconciliation ».

Pour ce brillant théologien, l’étude « n’est pas une fin en soi : elle doit servir le dialogue ». En ce sens, le travail universitaire est tout sauf secondaire. Et contrairement à ce qui est parfois avancé, l’œcuménisme académique n’est pas à l’arrêt, veut-il croire. « L’année 2017 a prouvé précisément le contraire », affirme-t-il, mettant en avant les très nombreuses conférences organisées dans le monde entier. Aujourd’hui, c’est d’ailleurs entre luthériens et catholiques que le dialogue est le plus avancé.

« Benoît XVI et le pape François se sont explicitement mis d’accord pour m’accorder ce prix », glisse-t-il « plein de joie » alors qu’il s’apprête à s’envoler pour Rome, où il doit aujourd’hui rencontrer le pape émérite, pour qui il ne cache pas son admiration. Mais à ses yeux, au-delà de sa personne, cette récompense est le signe de reconnaissance de la part de l’Église catholique de la centralité de la Déclaration conjointe sur la justification, « qui a réussi à surmonter les divisions séculaires entre luthériens et catholiques ».

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Le compositeur estonien Arvo Pärt est le premier non-catholique et non-théologien à recevoir le Prix Ratzinger (Photo: Flickr/Estonian Foreign Ministry/CC BY 2.0)

Theodor Dieter, Karl-Heinz Menke, Arvo Pärt, prix Ratzinger 2017 | La Croix

Nicolas Senèze, à Rome , le 26/09/2017 à 16h03

 
La Fondation Joseph Ratzinger-Benoît XVI a attribué son prix annuel à un théologien luthérien, un prêtre catholique et un musicien orthodoxe.

Le père Federico Lombardi, président de la Fondation vaticane Joseph Ratzinger-Benoît XVI, a annoncé mardi 26 septembre, l’attribution du prix Ratzinger 2017, considérée comme le « Nobel de la théologie », au luthérien allemand Theodor Dieter, au prêtre catholique allemand Karl-Heinz Menke et à l’orthodoxe estonien Arvo Pärt.

Né en 1951, membre de l’Église évangélique luthérienne du Wurtemberg (sud-ouest de l’Allemagne), le pasteur Theodor Dieter est un spécialiste de la théologie de Martin Luther qu’il a étudié à Heidelberg et Tübingen. Il enseigne depuis 1994 à l’Institut pour la recherche œcuménique de Strasbourg (France) dont il est directeur depuis 1997.

Très impliqué dans la rédaction de la Déclaration conjointe luthérienne-catholique sur la doctrine de la justification du 31 octobre 1999, il a été invité, en 2012, à participer à la rencontre du Ratzinger-Schülerkreis, qui rassemble les anciens élèves du cardinal Ratzinger, et qui portait cette année-là, en présence de Benoît XVI, sur le dialogue luthéro-catholique.

Né en 1950, prêtre du diocèse d’Osnabrück (nord-ouest de l’Allemagne), le père Karl-Heinz Menke a étudié à Münster et à Rome et a enseigné la dogmatique et la propédeutique théologique à l’Université de Bonn. Profond connaisseur de la pensée de Joseph Ratzinger, il a participé à de nombreuses commissions de la Conférence des évêques allemands et est, depuis 2014, membre de la Commission théologique internationale.

Né en 1935 à Paide (Estonie), Arvo Pärt est un musicien orthodoxe contemporain, spécialisé dans la musique sacrée et associé au mouvement minimaliste. Docteur honoris causa de l’Institut pontifical de musique sacrée, il a eu l’occasion, pour les soixante ans de sacerdoce de Benoît XVI, d’exécuter devant lui son Notre Père. Il est, depuis 2011, membre du Conseil pontifical pour la culture.

« L’attirance de Joseph Ratzinger/Benoît XVI pour l’art musical et l’inspiration hautement religieuse de l’art musical du maestro Pärt justifient pleinement l’attribution du prix en dehors du champ strictement théologique », a expliqué le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture et membre du conseil scientifique de la Fondation Joseph Ratzinger-Benoît XVI.

Les prix seront décernés le 18 novembre 2017 à Rome au lendemain du congrès de l’Université grégorienne sur saint Bonaventure qui rappellera la dissertation doctorale de Joseph Ratzinger sur le grand théologien médiéval.

« Nous espérons que, comme l’année dernière, le pape pourra venir lui-même remettre le prix », a confié le père Lombardi.
Nicolas Senèze, à Rome

Sorgente: Theodor Dieter, Karl-Heinz Menke, Arvo Pärt, prix Ratzinger 2017 – La Croix


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Premio Ratzinger, Menke: “Il riconoscimento per una teologia scientifica ed ecclesiastica” | La Stampa

Intervista al teologo cattolico tedesco nella terna dei vincitori insieme al luterano Dieter e il compositore ortodosso Pärt

Pubblicato il 16/10/2017 Ultima modifica il 16/10/2017 alle ore 11:28

ROBERTO CUTAIA ROMA

«No, non mi aspettavo assolutamente questo onore», ci dice da Bonn il teologo cattolico Karl-Heinz Menke, tra i vincitori (della terna fanno parte anche il teologo luterano Theodor Dieter e il compositore ortodosso Arvo Pärt) della settima edizione del Premio Ratzinger – istituito dalla “Fondazione Joseph Ratzinger – Benedetto XVI” – che riceverà mercoledì 18 novembre.

Perché è importante per un teologo ricevere questo riconoscimento?
«Papa Benedetto XVI delinea una teologia che è allo stesso tempo scientifica ed ecclesiastica. Ecco perchè essere designato di un premio che porta il suo nome è il riconoscimento dello sforzo in questa direzione. Io non appartengo purtroppo direttamente agli allievi del professor Ratzinger. Tuttavia mi unisce al suo grande lavoro la concentrazione di tutti i singoli temi sulla salvaguardia della unicità di Cristo e sulla sacramentalità della Chiesa. Proprio per questo Papa Benedetto XVI ha lodato la mia Cristologia (Jesus ist Gott der Sohn, 2008) richiamandola nella prefazione del suo libro su Gesù di Nazaret e mi ha invitato, dopo la pubblicazione della mia ecclesiologia (Sacramentalità. Essenza e ferita del cattolicesimo, 2015), a tenere delle conferenze per la sua cerchia di allievi a Castel Gandolfo. Il tema “supplenza”, definita da Joseph Ratzinger la “pinza” (Klammer) che tiene unite la cristologia e l’ecclesiologia, mi occupa personalmente da decenni. Ho pubblicato la mia tesi di abilitazione su questo tema, riprendendo nella terza edizione, gli articoli di Joseph Ratzinger che riguardano questo ambito tematico, pubblicati nella seconda edizione del suo Lexikons für Theologie und Kirche».

Di recente ha incontrato il Papa emerito Benedetto XVI?
«Si. Ho avuto l’onore il 12 marzo di quest’anno di avere una lunga conversazione con lui in quello che un tempo era un convento e che dal momento in cui è diventato Papa Emerito, è diventato la sua residenza. Questo regalo rimarrà per me per sempre indimenticabile. La sua figura ascetica riunisce in sé la nobiltà del suo spirito con l’umiltà della sua persona, segno distintivo di vera santità. Benedetto XVI possiede una memoria fenomenale, una cultura stupenda e una capacità di giudizio superiore».

L’Opera omnia in corso di pubblicazione di Joseph Ratzinger è garanzia di una solida teologia. Che cos’è che rende un grande teologo il Papa emerito?
«Una teologia sistematica che merita l’attributo “grande”, si distingue per quattro componenti: offre una sintesi che insegna a capire più profondamente il nesso tra le varie questioni e i temi; risponde alle sfide del tempo, nel quale è collocata; riflette, nel dialogo con altri scienziati, la mente e la fede della Chiesa cattolica; serve alla missione di annunciatrice della Chiesa. L’Opera omnia del Papa emerito, ormai divenuta, grazie all’edizione critica, quasi per intero chiara e comprensibile, soddisfa tutti e quattro questi criteri e impressiona non solo per la sua grande mole, ma anche per la sua riunificazione della molteplicità in un intero. Sebbene Joseph Ratzinger non abbia presentato un progetto completo della dogmatica, ma abbia piuttosto risposto alle richieste attraverso numerosi articoli, trattazioni e discorsi, le sue pubblicazioni appaiono come le parti di un unico puzzle. Ne risulta un quadro generale coerente e le coordinate di questo quadro sono: l’ontologia trinitaria; la storia di Gesù come manifestazione di Dio stesso; la necessità universale di salvezza della vicenda di Cristo e della Chiesa. L’opera teologica di Joseph Ratzinger è alla pari con le opere teologiche di Henri de Lubac, Hans Urs von Balthasar o Karl Rahner. E si distingue per l’unione di scrupolosità tedesca e chiarezza mediterranea».

Oggi la carenza di tensione verso il soprannaturale è più accentuata che mai. Forse perché la teologia si è allontanata troppo dalla sua natura di “scientia Dei
«La teologia cristiana, che dichiara chiaramente ed espone allo stesso tempo le sue premesse ad ogni critica e ad ogni diatriba, mette a confronto le singole scienze con una risposta alla questione del significato, vissuta da due millenni da una considerevole parte dell’umanità, una risposta che ha conseguenze vincolanti per il valore del singolo essere umano, per il rapporto con la tecnica genetica o l’eutanasia, con la definizione di giustizia sociale e con la pianificabilità del futuro. Jürgen Habermas riconosce il potenziale del senso della tradizione cristiana, sa anche però che una società dalla visione del mondo pluralistica, ne può approfittare fino a che vi è un numero sufficientemente grande di cristiani e cristiane che riconoscono la verità in Cristo. La teologia genuinamente cristiana riflette la verità vissuta diacronicamente e sincronicamente del credo cristiano. Distruggerebbe se stessa se analizzasse e spiegasse il cristianesimo solo dal punto di vista storico. Per questo Papa Benedetto XVI ha invocato in molti suoi discorsi la questione della indivisibilità della teologia dalla questione della verità».

Nella storia della Chiesa attacchi e contestazioni ai Papi soprattutto da parte interna alla Chiesa stessa si sono sempre verificati. Oggi è il turno di Papa Francesco. Tutto ciò può considerarsi fenomeno dello Spirito Santo o fenomeno di “pessimi” cristiani?
«Esiste una critica che serve all’unità e c’è una critica che divide. La prima si riconosce dalla sua discrezione. Non arriva al pubblico. Evita ogni tipo di vituperazione, sospetto e insinuazione personale. Un esempio nella storia della Chiesa è la critica di Santa Caterina da Siena ai Papi che si rifiutavano di tornare a Roma da Avignone. Queste lettere di questa coraggiosa semplice donna del popolo all’uomo più potente della Chiesa, sono state pubblicate dopo la morte di tutti gli interessati. E sono, nella massima chiarezza, espressione di un profondo amore per la Chiesa. La critica che scaturisce dall’amore non ha mai danneggiato l’unità». 

Quale consiglio si sente di dare ai teologi di questo inizio di terzo millennio?
«Papa Benedetto XVI concepisce la teologia come rivelazione della ragione della fede. Lui vive da decenni, quello che è una personalità teologica. Perchè in lui vita e pensiero hanno raggiunto l’unità. La sua correttezza e il suo impegno nei confronti della questione, la sua capacità di relativizzare se stesso, la sua incorruttibile capacità di riconoscere l’argomentazione più potente, sono i frutti di un pensiero plasmato da ascesi e purezza. Un buon teologo deve sorprendersi a raggiungere la chiarezza interiore nel bel mezzo della vita di tutti i giorni, per esempio alla cassa di un supermercato o fermo al semaforo, riflettendo continuamente su ciò che ha ascoltato o letto. La rivelazione pubblica della ragione della propria fede richiede essere riscoperta nuovamente ogni giorno. L’impedimento di molti studenti è costituito, oltre che da una scarsa cultura libraria e dalla continua distrazione da parte di internet o della televisione, dalla carenza di uno studio filosofico scrupoloso e approfondito. È soprattutto la filosofia che preserva il teologo dal diventare superficiale, dal scambiare la critica con la conoscenza e la parte con il tutto. Il positivismo ampiamente diffuso e il recente clericalismo, sono due facce della stessa medaglia. C’è una mancanza di spiritualità che confonde le citazioni con le argomentazioni e il potere con la competenza».

Sorgente: Premio Ratzinger, Menke: “Il riconoscimento per una teologia scientifica ed ecclesiastica” – La Stampa

 

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